Marc Cheb Sun

Passion Vibe, rencontre à Paname

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Quinze ans que je vis avec sa musique. Lorsque Vibe s’assoit face à moi, accompagné de Rudy qui a organisé la rencontre, me voilà tout timide… Quinze ans de passion, c’est pas rien !

Deux albums qui traversent les années. Confessions en 99, Émancipé en 2005. Un univers, c’est peu dire. Entre pudeur et intimité partagée. Unique, l’atmosphère Vibe. Inclassables, ses albums ont atterri comme des Ovni au rayon R’n'B des marchands de pulsations. Étrange. Oui mais où donc placer Vibe, si ce n’est dans un coin de sa tête, de son cœur, de son âme ? Musical, musical… Chez Vibe, la musique vibre à fleur de peau. « Je l’aime quand ça me met dans de drôles d’état mais, bon, ça c’est moi. » Secret, il arrête là.

On le disait, un univers… Avec de drôles de thématiques débarquées dans les bacs sucrés de ses co-rayonnaires.

L’amitié traitée avec l’intensité d’une prière… Fidélité / 
Le traître mot qui vient pour tout compliquer / Un jeu stupide que l’on ne peut refuser /
 De cœur à cœur le mien est déjà tombé (“Histoire d’ami”). Si les mots étaient comme un baiser, je souffrirais
 et me dirais ceci : embrasse fort ta méfiance et suis le vent
 / Et vous mes amis pour qui je sens un soupir oh non !
 (…) Je ne vous oublierai jamais (“Mes vrais amis”).

Solitude, battements de cœur… Pas de posse, pas de potes, rien, pas de clique, pas de crew, 
rien que mon cœur, mon style, ma voix, le reste je m’en fous. (“Tout seul”)

Et même… La mort. Avant les 6 pieds sous terre ou que la vie ne sévisse / 
Je veux tout rafler tout ce qu’il y a à rafler
/ Donc je brûle tous les stop assourdi pas les claps
 / J’attrape mon destin par le coup et le claque (“I do”).

Il dit aujourd’hui : « La vie est courte, elle passe si vite. Ce qui m’intéresse, c’est de mettre  le maximum de sinécrité dans ma création et, le jour où je partirai, je serai plus léger dans mon cœur et dans mon âme ».

Chez Mister Vibe, les ambiances passent des flash d’un club à la pénombre d’une chambre fermée au monde. Je sais pourquoi certains refusent les lendemains / Il n’y a plus de lumière blanche car c’est déjà la fin (“Je cherche”)Du clair-obscur. Vibe pour le côté fonk de la face
 / Et cela sans surprise “no blaggadda”
(…) Je pousse jusqu’au fond, oublie mon stress
 / Brise mes liens maintenant que je suis prêt
 OK je croque le mic (…) Creuse mon trou, verse mon style au compte goutte
 (“No Blagada”). Mais Vibe glisse vite, dans le même album, vers des ambiances plus graves ou mélancoliques. Du pur Vibe…

Le retour

2013 : ” I Do, titre offert, magie rythmique et harmonique positivement perturbée, la marque du mister. Et “J’m'en bats“, vendu en téléchargement. Ironique, Vibe s’amuse du jeu des apparences, lui qui a pourtant assumé ses phases d’ego Superfly.

Si longtemps qu’on attendait… Et l’album promis – au titre (“Entre deux ciels”) si vibien ? « À un moment, j’avais perdu la fibre, et je l’ai retrouvée. J’aime ça, plus qu’avant même ! Et je sais comment la garder. C’est chimique, ce genre d’intensité. Le prochain album ? J’ai beaucoup parlé, je n’ai pas sû tenir mes engagements, je parle moins mais je travaille. Contre vents et marées, cette année, il sera là. Une suite directe de Confessions. On retrouvera des ambiances intimistes. Sauf qu’on est plus en 1999, mais en 2013. Je vais droit au but. Des choses un peu plus violentes dans les images, dans le sens, sans être vulgaire. Dans tous mes morceaux j’ai dit un ou deux gros mots, pas plus, mais je les ai dit exprès. (…) Je ne suis pas là pour plaire à tout le monde mais, oui, j’ai envie de toucher. Plein de gens ont envie d’entendre autre chose que ce qu’on leur sert. Tant mieux. Pourtant, les artistes qui tracent une voie personnelle sont souvent très seuls. (…) Ce qui me nourrit ? Les gens, la musique que je vais choisir : je n’écoute plus la radio, je ne regarde plus la télé. J’aime la musique baroque, j’ai lu des bouquins dessus. Pour détourner quelque chose il faut d’abord apprendre… J’ai utilisé des sonorités. J’écoute beaucoup de musique brésilienne, du rock. Le hip hop (j’suis tombé dedans). James Blake, un vrai univers. (…) Des fois on me demande « Refais-nous tel morceau » je réponds : « Non, pourquoi le refaire puisqu’il existe déjà ? » En plus, je me lasse très vite de ce que je crée. Quelque chose réalisé le mercredi, le samedi j’ai envie de le changer. C’est pour ça que j’ai daté mes morceaux, les maisons de disques n’aiment pas ça, mais comme tout est très long à sortir, je voulais que la date soit notée. Je n’écris pas des choses pour qu’elles durent. Je n’ai pas cette prétention. Si ça arrive, c’est que les gens qui écoutent en ont décidé ainsi. Alors, c’est ma chance. La sincérité, ce n’est pas une recette, c’est tout ce qui motive mon écriture. »

L’album, pour sûr, ceux qui le suivent depuis si longtemps l’attendent. Afin qu’il peuple leurs jours et leurs nuits. Leurs désirs de lumière et leur part d’ombre. Vibe, c’est tout cela et c’est bien plus encore.

Je suis comme un fou, mais suprême, cette folie, en moi se réfrène, venir pleurer le tout pour le tout, comme un roi pleurant sa reine,  ou comme un enfant voulant se faire pardonner (“Confessions”)

 

 www.vibeboogie.com

11/04/2013