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Brève histoire de la diversité à la télé française (pour Inaglobal)

Mon article-recherche publié sur inaglobal.fr, site de l’Institut national de l’Audiovisuel, le 26/11/2010.

Introduction
Rendre compte des évolutions de la diversité à la télévision supposerait de prendre en compte chaque caractère définissant une minorité par rapport à une majorité, chaque situation pouvant donner lieu à une interprétation restrictive quant à la place de telle personne dans tel ou tel lieu, à tel ou tel poste, dans tel ou tel rôle. Un âge, une orientation sexuelle, un handicap, un patronyme, une couleur, voire une religion… Le Label Diversité, certifié par l’Association française de normalisation (A.F.Nor), dénombre ainsi dix-huit critères de possibles discriminations. Cette brève histoire de la diversité à la télévision française s’en tient cependant à la place des minorités ethniques, une problématique parfois traversée par le champ social lorsque la question ethnique recoupe celle des quartiers populaires. Elle est centrée sur les rebondissements de l’action publique quant aux revendications qui ont traversé, et traversent encore, la société française.

Une évolution confrontée à de nombreuses révoltes

Les créations en 1997 du Club Averroès, puis celle du Collectif Égalité en 1998, seront rapidement suivies d’un premier coup d’éclat. En 1999, le Collectif Egalité interrompt la cérémonie des Césars. Apparition publique et mise en avant de « l’exclusion raciale » dont seraient victimes les minorités non blanches dans le paysage audiovisuel français. Le problème est posé, médiatisé. Le Club Averroès choisira, lui, de travailler à l’élaboration d’un débat, à travers l’organisation de nombreuses rencontres avec des professionnels des médias. Depuis 2006, le Club remet un rapport annuel, véritable état des lieux et baromètre des évolutions, stagnations ou régressions observées en la matière. Enfin, le Club Averroès se veut force de propositions. Certaines ont d’ailleurs inspiré différentes mesures, accompagné des dynamiques ou conseillé des initiatives.

Parallèlement à cet efficace et inlassable travail de fourmi mené par les associations, la réflexion des entreprises sur leur gestion de la diversité motive, de son côté, quelques signes d’intention : France Télévisions signe dès 2004 la Charte de la diversité, initiée par Claude Bébéar, suite au rapport commandé par l’Institut Montaigne à Yazid Sabeg et Laurence Méhaignerie[+]. Le 07 juillet dernier, quinze nouveaux médias signaient, quatre ans après son lancement, la Charte de la diversité. M6, Europe1, le groupe RTL, Endemol France, Arte France, NRJ Group, Gulli ou encore Direct 8 se sont engagés à intégrer la diversité dans leurs effectifs et leur programmation. Reste que cette charte est une déclaration d’intention sans nécessité (contrairement au Label) de justifier d’un bilan d’action. Six ans plus tard, TF1 reste la seule chaîne à concourir à l’obtention du Label Diversité. Un retard en la matière ? Pas vraiment car le Label, héritier de la charte puis de la mobilisation de certaines entreprises, pose une véritable exigence de résultats, concrets et chiffrés.
Le 26 avril 2004, dans une salle bondée, se tient à l’Institut du monde arabe un premier grand colloque sur la diversité dans les médias à l’initiative du Fonds d’aide et de soutien sur l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild) [+], du Haut Conseil à l’Intégration (HCI) et du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Last but not least, la révolte des banlieues a elle aussi largement contribué à l’accélération d’une prise de conscience, même si les faits restent têtus et peu enclins au changement. Au lendemain des émeutes, le Président de la République convoque les patrons de chaînes : la société française ne serait pas justement représentée sur nos écrans. Le fonds « Images de la diversité », créé début 2007 par Jacques Chirac sur les conseils du Club Averroès, contribue largement à la production d’autres regards, favorise l’expression de nouvelles thématiques : mémoire, immigration, double culture, univers urbains… Cogéré par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et par l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), présidé par Alexandre Michelin, le Fonds soutient, dans ses deux premières années de fonctionnement (2007 et 2008) 281 projets, dont 95 fictions, 168 documentaires et 6 magazines télévisuels. Les nombreuses associations qui utilisent le canal audiovisuel dans les quartiers en auront cependant peu de retours. Malgré ses incontestables qualités, le Fonds ne saura faire émerger de nouveaux talents déconnectés des sphères culturelles, notamment dans les banlieues. Une véritable dynamique en la matière exigerait une réflexion de fond, pour aller à la rencontre de potentiels éloignés des élites (dans les quartiers populaires, mais pas seulement), une communication ciblée (et donc des moyens adéquats), un soutien dans l’aide à l’écriture de nouveaux projets et la mise en relation avec des maisons de production innovantes. Reste un bilan du Fonds largement positif à quelques exceptions près : le budget annuel demeure loin des 10 millions annoncés par le Président Jacques Chirac (il est, pour 2007 et 2008 cumulés, de 8 655 800 euros). Les diffusions télé restent timides, même si elles progressent en 2009 et 2010 : la qualité des films soutenus pouvait laisser espérer une ouverture plus significative et ce malgré quelques gros succès d’audience, comme pour « Fais danser la poussière », un téléfilm de Christian Faure, diffusé en prime time sur France 2.
Notons que, avant de devenir Acsé, le Fasild avait en son temps créé une commission audiovisuelle fort active et conclu des accords-cadres avec France 3.

Le CSA au cœur de la tourmente

1999 : suite à son coup d’éclat lors de la cérémonie des Césars, le collectif Égalité est reçu par Hervé Bourges, alors président du CSA. « Cette première rencontre a été un coup de tonnerre. Les membres du CSA ont été surpris : pour eux, il n’y avait pas de problème. Mais forcément, il n’y avait que des Blancs » raconte Jacques Martial [+], alors membre du Collectif Egalité. En réponse aux fortes contestations des minorités, le CSA commande un premier rapport sur le sujet. Une étude « très critiquée au sein même du Conseil » [+] se souvient la sociologue Marie-France Malonga, chargée de l’enquête. Cinq ans plus tard, dans la foulée des révoltes en banlieue, la loi sur l’égalité des chances renforce les compétences du CSA. La cohésion sociale et la lutte contre les discriminations font désormais partie de ses missions. 2008, un observatoire de la diversité, présidé par Rachid Arhab, est créé en interne, suivi d’un Baromètre de la diversité. Simple jeu de mots ? Loin de là : l’idée d’une mesure (culturellement éloignée du modèle républicain français) fait lentement son chemin. Elle fait d’ailleurs moins polémique qu’ailleurs car une mesure de l’audiovisuel ne peut prétendre quantifier les individus pour ce « qu’ils sont », mais bien pour la manière dont ils sont reçus dans les perceptions des téléspectateurs. L’objectif du CSA est de mener deux études par an, jusqu’en 2012.
« Il résulte des mesures menées par le CSA que la part des personnes non-blanches ne représente que 1 locuteur sur 10 à la télévision française aujourd’hui. Dans certains genres, cette part est extrêmement faible : 8 % pour la fiction française inédite et 5 % seulement de personnages centraux dans ces fictions ; dans les sujets d’actualité française, seulement 6 % des invités, chroniqueurs, experts ou personnages principaux des reportages sont perçus comme « issus de la diversité », résume le rapport Médias et diversité [+].
Enfin, depuis 2009 et la loi sur la communication audiovisuelle, le Conseil se doit d’examiner l’action des chaînes sur la question et en rendre compte. En 2010, le CSA remet donc au Parlement son premier rapport annuel sur la diversité à la télévision. Le constat n’est pas fondamentalement différent d’il y a dix ans, mais le cadre change et, avec lui, une sensation de pression ressentie par les chaînes de télévision. L’obligation de résultats pointe son nez….

La saga France Télévisions

2004 : sous la présidence de Marc Tessier, un « Plan d’Action Positive pour l’Intégration » (PAPI) est mis en place. Il repose sur trois axes : programmes, ressources humaines, aux côtés desquels figure un « volet éthique ». Edouard Pellet, missionné Délégué intégration et diversité du Groupe, est son maître d’œuvre.
Juin 2009, Patrick de Carolis crée le Comité permanent pour la diversité, présidé par Hervé Bourges. Le comité est composé de membres internes et de personnalités extérieures au Groupe ; il dispose d’un délégué général, Arnaud Ngatcha.
Ainsi, résume le rapport Spitz, « la loi du 5 mars 2009 a renforcé les missions de France Télévisions afin que cette société « reflète dans sa programmation la diversité de la société française et veille à engager une action adaptée pour améliorer la présence de cette diversité dans les programmes ». A cette fin, les cahiers des charges doivent préciser la mission des sociétés nationales de programme en matière de « lutte contre les discriminations par le biais d’une programmation reflétant la diversité de la société française ».
Enfin les sociétés nationales de programme doivent mener « une politique de développement des ressources humaines visant à lutter contre les discriminations et à mieux refléter la diversité de la société française ». Le projet d’avenant au contrat d’objectifs et de moyens de la société France Télévisons, actualisant notamment les engagements de la société relatifs à l’antenne, rappelle que le reflet de la diversité de la société française sur les chaînes de télévision est une problématique d’intérêt général essentielle, à laquelle le public attache une très grande importance. A cet effet, France Télévisions entend offrir une meilleure visibilité des différentes composantes de la société française (présentateurs, chroniqueurs et public des émissions ; « casting » des fictions et films coproduits, etc.) et proposer des programmes de flux et de stock, dont les thèmes et traitements sont en phase avec les évolutions de la société française, et permettre à tous les membres de la communauté nationale de se retrouver dans les images de la télévision publique.

Dans le cadre du baromètre annuel de l’image des chaînes, France Télévisions s’engage également à consolider, voire à améliorer, le niveau atteint sur la question spécifique relative à le perception qu’ont les téléspectateurs du reflet de la diversité de la société française sur l’ensemble des chaînes. A cette fin, un indicateur définit des objectifs annuels chiffrés de perception de la diversité par les téléspectateurs. (…) Le rapport dressé par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) en décembre 2009 sur le « bilan de la politique de gestion des ressources humaines menées par les sociétés nationales de programme afin de mieux lutter contre les discriminations et de mieux refléter la diversité de la société française » est édifiant :
Les mesures mises en œuvre depuis 2005 par France Télévisions et Radio France, en particulier le développement de la formation par alternance tournée vers les quartiers sensibles ou les personnes issues de milieux défavorisés « ne débouchent toutefois pas sur l’embauche des personnes concernées. Les raisons mises en avant sont la difficulté pour les intéressés à acquérir « les codes de fonctionnement de l’entreprise et des métiers », présentés comme nécessaires pour espérer une embauche, (…) obstacles à l’intégration dans l’entreprise dont on ne saurait postuler d’emblée qu’ils sont uniquement imputables aux candidats à l’embauche »
Les pratiques de recrutement « conservent une large place à la cooptation »
La culture d’entreprise peut « favoriser les pratiques discriminatoires, confirmée par l’expression d’un malaise aigu de certains salariés ». Ainsi, « une proportion importante des enquêtés (37,2 %) juge que leur employeur n’est pas respectueux des droits des salariés (de façon moindre à Radio France). Cette perception apparaît plus marquée chez les personnes immigrées ou issues de l’immigration et les ultra marins. »
« Les réponses apportées, notamment à travers les « champs libres » du questionnaire, relèvent des ressentis de déception s’agissant des parcours professionnels, notamment de la part des femmes et des personnes d’origine immigrée. L’enquête relève un nombre non négligeable de situations hostiles vécues (418 répondants) ou observées (559 répondants), liées à un critère discriminatoire. Les voies de recours suivies par les salariés sont variables suivant les sociétés, mais il est indiqué dans la majorité des cas que les problèmes n’ont pas été pris en compte ou résolus.
L’enquête de l’Institut national d’études démographiques (Ined), jointe au rapport de la Halde, met en évidence le fait que l’échantillon (non représentatif) recueilli compte une proportion d’immigrés très inférieure à la moyenne donnée par l’INSEE. » [+]

«La politique du PAPI initiée par mon prédécesseur, allait dans le bon sens, mais restait insuffisante. J’ai créé ce Comité afin d’accélérer le mouvement », explique Patrick De Carolis lors de la présentation du comité permanent pour la diversité [+]

Parmi les nouvelles dispositions, France O, jusqu’ici disponible (hors outremer) en Île-de-France, sera diffusée à partir du 14 juillet sur toute la métropole en TNT. Enfin, une stratégie de « marketing affinitaire » est développée afin de toucher des cibles identifiées comme source de rénovation : LGBT (lesbiennes, gais, bis et transsexuels), handicap, diversité culturelle, cultures urbaines… Le but est de comprendre leurs attentes et d’entendre leurs propositions. Une nouvelle initiative voit le jour : France Télévisions et FIMALAC, « signent en février 2010, un partenariat permettant d’accompagner professionnellement les élèves dans le cadre du programme « Egalité des chances » mis en place par la Fondation FIMALAC » [+]. Une aide à l’écriture est également orchestrée par le délégué général du Comité permanent pour la diversité, Arnaud Ngatcha, afin de favoriser l’émergence de nouveaux talents.

La commission médias et diversités

Lorsqu’il est nommé commissaire à la diversité et à l’égalité des chances en décembre 2007 par le Président de la République, Yazid Sabeg s’attaque prioritairement à deux chantiers. L’un concerne la possibilité de mesurer la diversité, à travers le champ statistique. Le deuxième, la question des médias et de la diversité, donnera lieu à la mise en place d’une commission, présidée par Bernard Spitz. Celle-ci remet son rapport en mai 2010 après un nombre considérable d’auditions.

Au-delà du bilan, 17 propositions sont communiquées. Certes, l’incitation, plus que l’obligation, exprime la principale tonalité du rapport. Mais celui-ci ne se contente pas d’un encouragement symbolique. Plusieurs mesures préconisées insistent sur l’urgence d’une indispensable évolution et mettent une sérieuse pression, notamment financière, pour stimuler un réel engagement.
Insistant sur « la responsabilité de l’État », le rapport réclame :
« L’obligation pour les entreprises du secteur public (…) de se conformer aux normes nécessaires pour obtenir le Label Diversité » : un label qui exige une politique volontariste – et des résultats.
Des bonus dans les aides publiques pour les entreprises de presse « en fonction de leur engagement en faveur de la diversité ». Pas négligeable lorsqu’on sait combien ces subventions sont nécessaires à la survie, par exemple, de la presse quotidienne. Des bonus également pour les producteurs de films et de réalisations audiovisuelles pro-diversité.
De plus, le rapport stipule que son programme est réalisable à coût zéro : ces mesures supposent donc que l’ensemble des aides actuellement existantes, notamment celles accordées par le CNC, soient réévaluées en fonction du respect de la diversité. Sans, pour autant, remettre en cause l’existence de fonds de soutien spécifiques (comme le Fonds Images de la diversité). Un bouleversement dans l’attribution de financements déterminants, en France, pour la réalisation d’un film !
Enfin, à l’instar de la BBC anglaise, le rapport préconise la conduite d’enquêtes auprès des minorités sur leur propre perception du traitement de la diversité. Ce qui permettrait, au-delà de la seule visibilité des sujets, de constater la production de stéréotypes. L’aspect qualitatif des politiques menées est traité, sans mettre de côté le quantitatif : la mise en œuvre d’une « mesure de la diversité » plurimédia est également encouragée.

On le voit donc concrètement : l’évolution de la diversité à la télévision s’est construite en rebondissements plus ou moins rapides, plus ou moins pertinents, plus ou moins efficaces de l’État sur des pressions venues des minorités et des mouvements populaires, y compris totalement instructurés (2005) mais porteurs d’une colère globale.

Cela tient aussi à la forte implication de l’État français dans le domaine des médias.
Le rapport Médias et diversités le rappelle : « Le poids de l’Etat dans le secteur des médias reste très important en France, comparativement aux autres secteurs de la vie économique. Cette présence se manifeste à trois niveaux :
par une intervention financière importante proche de 5 milliards d’euros en loi de finance, au bénéfice d’entreprises publiques et privées (ensemble des aides directes et indirectes en presse écrite, budget de l’audiovisuel public et de l’audiovisuel extérieur) ;
par l’existence de plusieurs organismes, entreprises et établissements publics : La Chaîne parlementaire (LCP), l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) et trois sociétés nationales de programme en radio et télévision (Radio France, France Télévisions, Audiovisuel extérieur de la France), éditant de nombreuses chaînes de radio et de télévision, détenant des participations dans d’autres organismes publics tel que Arte-France, TV5 Monde ou Euronews ;
par l’édition d’une réglementation abondante, notamment en matière audiovisuelle. Ainsi la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication a été modifiée à 61 reprises, y compris à deux reprises sur la question de la représentation de la diversité » [+].


Du côté des chaînes privées

De manière beaucoup moins officielle, l’action des chaînes privées hertziennes (l’impact sur les chaînes TNT n’est, lui, pas significatif) n’a pas été moins dynamique. Relevons que l’évolution des exigences posées par le CSA les concernent aussi, même si le devoir « d’exemplarité » associé au service public ne s’adresse pas à elles. L’apparition, à l’été 2006, d’Harry Roselmack au JT de TF1 ne saurait résumer le bilan de la chaîne en la matière. Deux actions attestent plus particulièrement de son engagement. La création de la Fondation TF1 en 2007 : « Notre cible : les jeunes des quartiers de la ville (voir cartographie du ministère de la politique de la ville) âgés de 18/30 ans (…) [afin de] promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes au sein de notre entreprise (…). » Pour faire connaître sa mission, la Fondation se déplace dans les quartiers (la Seine-Saint-Denis, Marseille…) et communique à travers des médias de proximité. Second point : le Groupe TF1 est le seul média à concourir à l’obtention du Label Diversité (voir plus haut). L’obtiendra-t-il ? A voir. Mais la démarche est déjà exceptionnelle pour un média, audiovisuel ou pas.

Force est de constater que les télévisions « plus jeunes » n’ont, à un certain niveau, pas eu le choix : conquérir un nouveau marché, jeune de surcroît, et totalement ignorer la diversité de la société est peine perdue. La télé réalité, dès le Loft, a intégré cette dimension, au moins dans son aspect « visibilité ». Canal + a démultiplié la présence de chroniqueurs, présentateurs, journalistes, animateurs issus des minorités visibles (bien que l’un des seuls animateurs asiatiques, Thé Phan, soit sur France 2, après être passé par Direct 8). M6 a plutôt intégré la diversité dans ses magazines musicaux, diversité pas seulement ethnique d’ailleurs. Reste que, dans l’une comme dans l’autre, la composition des directions n’est pas différente de celle observée ailleurs. Ce qui se répercute, évidemment, sur le contenu des programmes.

In fine

Dans le domaine des diversités, beaucoup reste à faire pour rendre nos écrans plus représentatifs et, autre enjeu, plus créatifs, en sachant puiser dans les mouvements culturels et les nouvelles formes révélés par les minorités ethniques en France et, bien souvent, dans leurs espaces urbains. Reste que la télévision (malgré le retard conséquent des chaînes TNT) a su se saisir d’une problématique timidement abordée en radio, et largement ignorée par la presse écrite: la diversité vue, non seulement comme un acte de justice, mais aussi comme le potentiel renouvellement de nos propositions médiatiques.

Marc Cheb Sun

LIEN VERS L’ARTICLE

Annexes : Les 17 PROPOSITIONS DU RAPPORT « Médias et diversités »

1er axe : Inciter les entreprises de médias à s’engager pour la diversité

Proposition 1 : Signature par toutes les entreprises volontaires d’une charte des entreprises du secteur média audiovisuel pour le développement de la diversité
Proposition 2 : Signature par toutes les entreprises volontaires d’une charte des entreprises du secteur de la presse pour le développement de la diversité
Proposition 3 : Obligation pour les entreprises du secteur public – via leurs contrats d’objectifs et de moyens – de se conformer aux normes nécessaires pour obtenir le « Label Diversité » de l’A.F.Nor
Proposition 4 : Incitation à l’obtention du « Label Diversité » de l’A.F.Nor pour les entreprises privées
Proposition 5 : Publication et communication annuelle des actions mises en palce pour toutes les entreprises (rapports annuels)

2ème axe : Rationaliser l’action de l’Etat, notamment dans l’accès à la formation

Proposition 6 : Création du MEDIV (Médias et Diversité), nouveau département au sein de l’Acse (Agence nationale pour la cohésion et l’égalité des chances) qui coordonne aujourd’hui l’action de l’Etat en matière de politique de la ville, de lutte contre les discriminations et d’égalité des chances pour soutenir les formations initiales et continues et inciter à l’adaptation des conditions d’entrée aux formations média par la meilleure prise en compte des dossiers et des parcours
Proposition 7 : Création d’une plateforme participative gérée par la Halde, pour une durée expérimentale de deux ans, destinée à permettre aux journalistes et aux salariés des médias de mieux connaître leurs droits et de combattre les discriminations dont ils peuvent être victimes

3ème axe : Généraliser la transparence dans les recrutements afin d’assurer leur diversité

Proposition 8 : Inciter à la transparence des procédures de recrutement externes via les sites Internet des entreprises par la signature d’une lettre d’engagement des responsables d’entreprises de médias à saisir leurs comités d’entreprise de cette proposition, avec effet immédiat pour les entreprises publiques

4ème axe : Inciter à la production et à la distribution d’œuvres françaises favorisant la diversité

Proposition 9 : Bonification des aides sélectives et automatiques du CNC en faveur de toutes les œuvres favorisant la diversité (fiction cinéma, fiction télévisuelle, documentaire, etc.)
Proposition 10 : Incitation, au niveau de la diffusion, à une meilleure exposition des programmes financés par le fonds « Images de la diversité » et aux œuvres « bonifiées » par le CNC
Proposition 11 : Incitation à la constitution de répertoire d’experts et de chercheurs ouverts prioritairement aux personnes issues de toutes les diversités, avec effet immédiat pour le service public
Proposition 12 : incitation à des castings ouverts à « la diversité », à l’instar des programmes de flux
Proposition 13 : Financement de l’obtention par les entreprises de presse du Label Diversité de l’A.F.Nor
Proposition 14 : Bonification des aides du fonds d’aide au développement des services de presse en ligne pour la « Presse de la diversité » et les sites Internet favorisant « la diversité des cultures »
Proposition 15 : Mise en œuvre, par le MEDIV en partenariat avec le CSA, d’une mesure de la diversité pluri média reconnue par tous les professionnels
Proposition 16 : Incitation à la conduite d’enquêtes spécifiques auprès des populations concernées
Proposition 17 : Prolonger le travail de la Commission dans des médias complémentaires, après rédaction d’un rapport préalable, notamment les jeux vidéo, la publicité, la téléphonie mobile

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